Critiques de la quatrième de couverture

Il y a quelque temps, je me suis amusé à déconstruire une critique 1 étoile. La deconstruction de cette semaine a été moins drôle. Pour finaliser la version imprimée des Anneaux, j’ai écrit et ré-écrit la quatrième de couverture.  Pour ceux qui s’intéressent aux détails, voici quelques itérations et mes critiques associées:

(Ou bien vous pouvez tout simplement sauter vers la fin pour voir la dernière version…)

QUATRIEME 1 (NUMERIQUE)
La mauvaise soirée de M. Trempé est rentrée se coucher: la partie de fléchettes est terminée, les assassins sont partis et les incendies sont éteints. Mais le lendemain matin n’est pas du gâteau non plus. D’abord, Magnus ne voit toujours pas clair. Ajoutez à ceci une boutique de confection entièrement brûlée, deux adolescents hyperactifs et les tentatives maladroites de Lucinda pour raviver Magnus. Théo se demande s’il ne ferait pas mieux de rester au lit…

Drôle, mais ne dit pas vraiment ce que raconte l’histoire. Il n’y a pas de discussion sur l’action, ni l’intrigue, pas de vraie question posée et les enjeux sont faibles. C’est également trompeur: tous les assassins ne sont pas partis…

QUATRIEME 2
La mauvaise soirée de M. Trempé est rentrée se coucher: la partie de fléchettes est terminée, les assassins sont partis et les incendies sont éteints. Mais le fantôme de Tom-le-Pâle ne va pas laisser Thé-au-Lait s’en sortir comme ça. Il a laissé une trace à suivre et tout un tas de rappels aiguisés pour que Théo ne déroge pas.

Théo pourra-t-il survivre assez longtemps pour éclaircir le mystère?

Cette accroche n’est pas parfait, mais le « message fantôme » est prometteur. Les enjeux sont plus puissants en se débarrassant des « adolescents hyperactifs ».  🙂 Mais les « rappels aiguisés » sont un peu déroutants. Zut.

QUATRIEME 3
Thé-au-Lait n’est pas allé se coucher en rêvant aux diverses manières de contrarier la Guilde des assassins. D’ailleurs, il a à peine dormi, grâce à l’ivrogne de service qui fredonnait des berceuses sous son porche toute la nuit.

Mais quand il se lève le matin, la sombre guilde est à ses trousses, et son seul espoir de survie est de suivre la trace que lui a laissée le meilleur des Ténébreux…

Etablit que Théo a (1) contrarié la Guilde des assassins et (2) n’a pas beaucoup dormi. Ca touche aussi au thème central de l’histoire: rester en vie tout en apprenant l’héritage de Tom-le-Pâle. Pas beaucoup de contexte, quand même…

QUATRIEME 4
Thé-au-Lait n’est pas allé se coucher en rêvant aux diverses manières d’énerver la Guilde la plus mortelle de Teuron. Mais il n’avait jamais eu l’intention de devenir voleur non plus, et les Ténébreux sont maintenant après lui.

Il y a une trace à suivre, mais aucune preuve qui puisse suggérer la meilleure façon de se racheter: accepter d’utiliser ses propres talents aux avantages de la Guilde, ou convaincre ses enfants d’arrêter d’essayer de ressusciter la cordonnerie de sa défunte, ou bien céder un paladin encore aveugle à la justice infernale de la sombre Guilde.

Et les Ténébreux ne sont pas les seuls à vouloir tuer Théo…

Etablit que Théo est voleur malgré lui, qu’il a un boulot à faire et que la Guilde des assassins n’est pas son seul ennemi, mais fait de fausse promesse. Théo ne va pas se rabibocher avec les Ténébreux. D’une manière générale, un peu trop compliqué.

QUATRIEME 5
Thé-au-Lait caryatid q’un bonne action suffirait.

Il avait tort.

Avec une maisonnée remplie d’hôtes non invités et sa tête pour cible, il commence à se demander si Tom-le-Pâle aurait mis un peu plus que les flammes éternelles dans son sort mortel.

Court. Ironique. Relativement drôle. Un clin d’œil à la magie, mais ne donne pas beaucoup de matière au lecteur.

Amusez-vous. Etes-vous d’accord avec mes analyses ci-dessus? Ed, Alisha, Cami, Ralph, et Victor ont partagé leurs opinions cette semaine.

VERSION FINALE

Cat

L’ORIGINE DES FLECHETTES / AVANT-PREMIERE DES ANNEAUX

 

Il y a quelques années, j’étais en voyage d’affaires avec NASA au Marshall Spaceflight Center à Huntsville, Alabama. Après le boulot, deux de mes collègues m’ont invité à les rejoindre au pub pour manger et jouer aux fléchettes. J’avais prévu d’écrire mon roman de science-fiction, mais l’invitation m’a plu.

J’y suis allé, j’ai joué et je me suis fait ramasser par Dennis Davidson, qui était alors le responsable du contrôle et du planning des programmes pour le Space Shuttle. Dennis a ensuite pris quelques minutes pour répondre à mes questions et m’apprendre des jeux, Cricket et Loops.

En rentrant à l’hôtel, je n’arrêtais pas de me refaire les parties dans la tête, en recréant les tons chauds et sombres du pub, observant avec fascination les fléchettes de Dennis s’enfoncer droit dans le mil de la cible en sisal.

Au réveil, j’avais l’ébauche d’une histoire : quel meilleur moyen de rassembler tout un tas de personnages fantastiques dans une même pièce ? J’ai dû faire quelques essais pour parvenir à une histoire, mais je ne me suis jamais autant amusé à écrire du fantastique.

Comme toujours, merci à vous de lire et de donner vos avis. J’ai presque fini le premier jet des ANNEAUX, qui est la suite des FLECHETTES. Voici un extrait :

Quand je rentre avec l’eau, Magnus ronfle comme un sonneur et Timnus et Valérie l’ont rejoint dans le grand lit, blottis les uns contre les autres. Le lit leur appartient par défaut, vu que je ne m’en sers jamais, mais ils ne sont pas difficiles. Ils savent que Magnus a quelque chose de spécial, quelque chose de rassurant et de stable qu’on ressent au mouvement de soufflet de sa poitrine.

Malgré leur treize ans, ils tiennent à peine : Valérie, avec ses grandes jambes, et Timnus avec ses coudes comme des melons. Certaines nuits, ils se chamaillent à savoir qui prend toute la couverture et qui a donné un coup de coude dans les côtes à qui, mais ce soir, ils dorment d’un sommeil de morts comme Magnus, blottis contre lui, lui volant sa chaleur dans la nuit fraiche de l’automne. Comme par magie, la couverture les recouvre tous les trois.

toc.

toc.

toc.

Une voix familière implore :

« Théo ? Théo ? »

Carmen. Cheveux roux et bouclés, désordonnés et tachés de noir. Ses petites épaules et son corsage verts sont couverts de cendres et presque déconfits. Mon cœur tressaute et s’attendrit en voyant son visage taché de suie, attristé d’avoir oublié que c’est sa boutique qui a brûlé ce soir. Elle est sur le point de tomber de lassitude.

« Thé-au-lait. Je sais que tu es très occupé avec ce héros de fléchettes et tout ça, mais est-ce que je pourrais avoir un petit bout de tapis ici ce soir ? La boutique est un tas de cendres et je ne sais pas quoi faire d’autre. »

Elle fait mine de prendre sur elle, mais je sais qu’elle souffre, ce qui m’affecte encore plus. Cette boutique, c’était tout pour elle.

« Tu n’as même pas besoin de demander. »

Je m’esquive pour la laisser passer dans l’escalier étroit qui mène à l’appartement, j’écoute le bruissement de son jupon couvert de suie.

« Y’a pas grand chose à manger, par contre. »

Elle est trop fatiguée pour sourire, elle n’a pas l’air de pouvoir remonter le menton.

Je l’escorte jusque dans la cuisine et remplis la cuvette en bois après avoir vidé l’eau sale par la fenêtre. Elle est endormie sur la table avant d’avoir nettoyé la moitié de son visage noirci. Je lui prends la serviette des mains, heureux de savoir qu’elle se sent en sécurité ici.

Toc-toc.

« Par la barbe de Pan ! »

Toc-toc. TOC !

Ca n’est pas une blague. C’est Lucinda. Elle a toute une brassée de draps propres pour… des bandages ? Elle n’attend pas de se faire inviter, elle entre et monte les escaliers.

Quatro Rings (Layers Gray)

La semaine prochaine, j’espère poster quelque chose sur mon voyage à New York. Salut!